|
Arnaud Fleurent Didier
contact
Pascal SANCHEZ
![]()
POURQUOI huit siècles après leur mort on nous bassine encore avec Brel, Gainsbourg, Ferré ?
Parce que, la vérité, c'était des bons. Parce que la chanson française, quand elle est arrangée avec virtuosité et qu'elle sue la vérité de l'émotion, ça déchire tout. Arnaud Fleurent-Didier compose et multi-joue tout seul dans une cave humide, Place de Clichy. Il écrit comme un poète, amour, trahisons, choix, ambitions. Libération le résumait ainsi : « On songe à Polnareff pour le timbre gracile et les cordes raffinées. «Entre Ferré et Gainsbourg dans les bacs», nuance, malicieux, son site perso. Comme eux, Fleurent-Didier fait le lien entre deux traditions très françaises. D’un côté, l’attachement au format chanson, où priment les textes. De l’autre, une attention aiguë pour l’enrobage sonore des morceaux, qui court des arrangeurs sixties (De Roubaix, Colombier) à la musique électronique la plus actuelle. Car, sous ses airs anachroniques, le garçon est bien de son temps. Exploit rare, son nouvel album, bouleversante variation sur la duplication (amoureuse, artistique, sociologique), parvient à réconcilier deux des chapelles médiatiques les plus antagonistes de ces dernières années, la French Touch et la nouvelle chanson française » LA REPRODUCTION Lorsque, comme Arnaud Fleurent-Didier, on a poussé son premier cri au cœur des années 1970, on a été le témoin d’un passage à une époque neuve : celle de la consommation et de la culture de masse, de la télévision privatisée, de MTV, de Berlusconi, en somme, si l’on veut personnaliser en une allégorie peu ragoûtante ce pan de notre histoire contemporaine. La génération qui a mis en place ce monde nouveau, si puissamment gouverné par l’unique mot d’ordre libéral « nous voulons plus d’argent », qui a enlaidi les villes, construit d’atroces banlieues organisées pour la voiture où les hypermarchés tiennent lieu de nouveaux chefs d’œuvres de la raison humaine, qui a ouvert un robinet de musique tiédasse et de clips sans idée, produit une littérature insipide, faussement provocatrice et vraiment racoleuse, qui a détruit l’école et méprisé le savoir, est celle des babyboomers, nés au lendemains de la seconde guerre mondiale, grandis dans le miracle économique des Trente Glorieuses. Celle de nos parents. Celle de ses parents. Il est temps de demander des comptes, de comprendre, de juger. Travail nécessaire. Que garder d’une époque, et qu’en éliminer ? Mais que transmettre aussi ? Arnaud n’élude aucune de ces questions. Son disque s’appelle La reproduction : faut-il copier la génération précédente, qui a fait tant de mal ? Mais faut-il pour autant mettre au monde des enfants qui naîtront dans un univers où la communication surpuissante fait d’eux la cible première ? Ce sont bien les enfants d’aujourd’hui, petits dictateurs manipulés par la pression publicitaire, qui poussent leurs parents à la consommation. Ce sont eux qui délaissent et méprisent le savoir, la culture et la beauté, qui se moquent tant du bien et du mal. À tel point, comme le fait remarquer le philosophe Jaime Semprun, que la traditionnelle question (« Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? ») est aujourd’hui retournée : À quels enfants abandonnerons-nous le monde ? Pour répondre à ces problèmes essentiels que doit se poser tout humain responsable, AFD a choisi la synthèse de l’art. Il en fait des chansons, qui captent la vérité de la vie. On n’entend pas d’ordinaire les chanteurs s’emparer de la vraie politique, c’est-à -dire du règlement de la vie des hommes entre eux. Dans La reproduction, AFD y parvient parce que, s’il parle de lui, c’est en s’interrogeant sur sa place dans le monde. Pourquoi a-t-il dû se former tout seul ? Comment aimer simplement ? Quelle place tient l’art parmi nous ? Transmettre. Reproduire. Pourquoi ? Vincent Noiray – |
PROCHAINES DATES
|lun 11 oct|Théâtre Edwige Feuillère Vesoul
|ven 15 oct|Salle Jean Carmet Allonnes
|sam 16 oct|Jardin de verre Cholet
|jeu 18 nov|Théâtre de Villefranche Villefranche cedex
|ven 19 nov|Astrolabe Orléans
|sam 29 jan|AGHJA Ajaccio
|ven 4 fév|Salle Juliette GrĂ©co Carros
|jeu 7 avr|Auditorium St Michel Les Sables d'Olonne
DERNIER ALBUM
LA REPRODUCTION SONY/COLUMBIA 04/01/2010
Extrait musical :
(4,8 Mo)
Arnaud Fleurent-Didier - France Culture.mp3 |
|